Critiques en Herbes – Les Optimistes (Collège Saint-Exupéry de Villiers-le-Bel)

By 15 décembre 2016 Critiques en herbe No Comments

Dans le cadre du projet « Critiques en herbe » proposé par le Festival Théâtral du Val d’Oise, plusieurs classes de collégiens et lycées du département ont été invitées à assister à des représentations de théâtre et produire à la suite des articles permettant d’exprimer et communiquer leurs analyses et leurs ressentis sur les spectacles. Effectué à l’occasion d’ateliers en classe animés par Christophe Candoni, journaliste culturel et Christiane Oillic, chargée des actions culturelles du Festival ainsi que les professeurs, ce travail témoigne d’une réelle curiosité des jeunes élèves, d’un travail riche et sensible autour de l’appréhension et la compréhension des écritures contemporaines performatives et interdisciplinaires du spectacle vivant. Ils manifestent également leur capacité à développer une pensée critique justifiée, enfin, à se positionner et s’interroger sur l’état du monde vu par le prisme du théâtre.

  • Mise en scène par Laurent Houda Hussein et Ido Shaked, la pièce « Les optimistes » écrite et interprétée par le Théâtre Majâz a été présentée le vendredi 4 novembre 2016 à Eaubonne en ouverture du 34è Festival Théâtral du Val d’Oise.

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Découvrez l’article de la classe de 3e du Collège Saint-Exupéry de Villiers-le-Bel – Enseignante : Johanne Rastel

 

Un voyage optimiste en Palestine

C’est l’histoire d’un prénommé Samuel qui va en Israël, dans la ville de Jaffa, pour vendre l’ancienne maison de son grand-père qu’il ne connaît pas et qui vient de mourir. C’est là-bas qu’il va découvrir le passé de sa famille…

Dans la pièce, des acteurs d’origines différentes parlent plusieurs langues : l’hébreu, l’arabe, le français et l’anglais. Le spectacle est surtitré et il est parfois difficile de lire le texte tout en suivant ce qu’il se passe en même temps sur scène. Un écran est placé en hauteur de la scène, sur le toit de la grande maison qui sert de décor. Celle-ci se présente d’abord comme laissée à l’abandon et remplie de vieux cartons empilés. Elle tourne sur elle-même et son mouvement évoque le temps qui passe car la pièce fait cohabiter le passé et le présent dans ce même espace. Il manque un toit et des murs à la maison dont n ne voit que la structure tandis qu’on imagine (grâce au jeu des acteurs) les portes et les fenêtres qui donnent sur l’extérieur. Le fait qu’elle soit transparente permet de voir ce qui se passe à l’intérieur. On comprend dans son dépouillement que son âme est perdue à cause de l’absence de ses propriétaires et l’arrivée des nouveaux habitants qui ont pris leur place.

Les comédiens ont réussi à la fois à nous faire rire et nous émouvoir en évoquant les conflits entre frères ennemis israélo-palestiniens mais aussi des conflits intimes comme la séparation de Beno et sa femme. Lorsque Samuel montre par le biais de Skype à sa grand-mère son ancienne maison à Jaffa, il pense que cela la rendra heureuse. Mais c’est le sentiment inverse qu’elle manifeste : elle n’est pas contente de replonger dans les souvenirs de sa vie passée. Le moment le plus bouleversant est à la fin, quand tous les personnages sont arrêtés et assis les mains ligotées. Ils parlent, chacun leur tour, avant de se faire exécuter. Parmi les moments drôles, il y a la récitation de Karim qui se trompe dans sa leçon de conjugaison française. Le personnage qui sort de l’imprimante était comique aussi. Son apparition déclenche un grand mouvement de résistance.

Les personnages écrivent d’abord des lettres adressées aux réfugiés des pays voisins puis décident de monter un journal clandestin dont la rédaction est aménagée dans le salon de la maison. Ils filment aussi des petites vidéos. A travers ces médias, ils communiquent de manière illégale avec les réfugiés et leur envoient de « fausses » bonnes nouvelles de la situation du pays en parlant des choses détruites comme si elles existaient encore (par exemple l’oranger).

Le mensonge que commettent Beno et ses amis est-il une bonne chose ? Oui, car il peut redonner de l’espoir aux réfugiés malheureux d’avoir dû quitter leur pays et se réfugier au Liban mais heureux de recevoir des nouvelles de leur maison et de leurs terres. En revanche, cette initiative pourrait aussi susciter une grosse déception s’ils apprenaient la réalité, ils pourraient se sentir trahis par des personnes en qui ils avaient confiance.

La pièce Les Optimistes porte bien son titre car, dans un contexte de conflit politique entre la Palestine et Israël, elle réunit des comédiens d’origines, de langues, de cultures, de religions différentes. C’est un très beau symbole de fraternité qui sensibilise le public amené à voir autrement le monde et la vie ensemble.

 

 

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